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vendredi 17 juin 2011

BIZET - Symphonie en ut / Munch, LPO (Decca, 1947)



Il y a quelques jours David Christoffel remarquait dans son webophone que votre serviteur a quelques préférences musicales ou quelques artistes de prédilection qui reviennent souvent sur ces pages ; c'est encore l'un d'eux que je vous propose de retrouver aujourd'hui... en vous offrant un enregistrement assez rare de Charles Münch dans :

Georges BIZET
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Symphonie en ut majeur
1. Allegro vivo - 2. Adagio
3. Scherzo (Allegro vivace) - 4. Final (Allegro vivace)
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Danse Bohémienne (extr. de La Jolie Fille de Perth)

Charles Münch
London Philharmonic Orchestra

Enregistré à Londres (Kingsway Hall), le 3 juin 1947 (Symphonie) et le 5 juin 1947 (Danse)

Editions originales :
– 78t Decca K 1781/84 et AK 1781/84 (matr. 11325-2, 11326-1, 11327-2, 11328-1, 11329-1, 11330-1, 11331-2, 11342-2) / Album 78t London LA 194
– 33t London LPS 118

On tient là un enregistrement typique de Charles Münch, qui y déploie son sens du rythme et son entrain coutumiers. A titre de comparaison un autre enregistrement de cette même symphonie interprétée par le même orchestre dirigé dix ans plus tôt par Walter Goehr (HMV) est disponible sur le site du CHARM (http://charm.kcl.ac.uk/ puis cliquer sur "Sound Files" et effectuer la recherche) ; je vous invite fortement à vous livrer à cette audition comparée, les contratstes sont frappants. Une autre version 78t de cette Symphonie, dirigée en 1945 à New York par Artur Rodzinski (Columbia) est disponible sur le blog de Buster à cette adresse.

Du point de vue technique, le son de ce que je vous propose est assez flatteur pour l'orchestre, quoiqu'un peu réverbéré à mon goût. Hélas mes disques 78t ont connu avant moi quelques propriétaires peu attentifs à leur conservation. Il en résulte quelques scories légères sur la face 1 (première partie du premier mouvement) et plus graves sur la face 3 (début du deuxième mouvement). J'ai cherché à les restaurer dans le souci de conserver au maximum la signature sonore originale, quitte à peu éliminer le bruit de surface.

Enfin j'avais fait ici le point sur les enregistrements Decca de Charles Münch. Celui-ci fait partie des sessions de juin 1947 avec le London Philharmonic, et n'avait à ma connaissance jamais été reporté sur CD. Les autres faces gravées à la même période sont sur ce blog (Fauré) et étaient accessibles sur disques Lys (Roussel). J'aimerais beaucoup mettre la main sur la 4e Symphonie de Schumann... si un collectionneur la possédant me lit, qu'il soit aimable de me contacter.

Lien (FLAC) = http://www.megaupload.com/?d=RPJYZRVW

samedi 26 décembre 2009

FAURE - Pelléas et Mélisande / Charles Münch, LPO



Pour terminer l'année voici quelques faces de 78 tours jamais reportées sur disque vinyle ou CD, proposant d'entendre Charles Münch dirigeant une oeuvre célèbre du répertoire français. La Mer ? La Symphonie Fantastique ? Daphnis ou La Valse ? Une symphonie de Honegger, Roussel, Dutilleux ? Rien de tout cela, mais la suite Pelléas et Mélisande de Gabriel Fauré, un compositeur qu'on associe peu au chef alsacien. Pourtant Münch a dirigé très souvent Fauré, et on compte une soixantaine de concerts proposant cette suite symphonique sous sa direction. Il a gravé Pelléas et Mélisande en studio avec le Philadelphia Orchestra en 1963 pour CBS (disque récemment réédité au Japon), et on en connaît d'autres versions live publiées sur CD (dont un mémorable concert du BSO datant de mars 1959 chez Music & Arts). Voici sa première version officielle enregistrée à Londres pour Decca :

Gabriel FAURÉ
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Pelléas et Mélisande, op. 80
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I. Prélude (Quasi Adagio)
II. La Fileuse (Andantino quasi Allegretto)
III. Sicilienne (Allegretto molto moderato)
IV. La Mort de Mélisande (Molto Adagio)


Charles Münch
London Philharmonic Orchestra

Enregistré à Londres (Kingsway Hall), le 5 juin 1947

Edition originale : 78t Decca AK 1740/41 (album EDA 58)

J'ai restauré le son de cette archive le plus discètement possible, mais le bruit de surface de mes disques étant assez audible, il reste un souffle et des craquements que je n'ai pas cherché à éliminer par peur de détériorer gravement le grain sonore original.

Liens :
FLAC = http://www.mediafire.com/?mdjycj2yyr0
MP3 mono = http://www.mediafire.com/?l2y3mgn4nm2

samedi 20 juin 2009

GOUNOD - Extraits de Faust / Inghelbrecht



Pour fêter les 150 ans de Faust (créé en 1859) et l'anniversaire de Gounod (né le 17 juin 1818), voici un disque d'extraits de son opéra enregistrés par Désiré-Emile Inghelbrecht :

Charles GOUNOD
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Extraits de Faust

(1) Prélude de l'acte I
(2) Scène de la prison (acte V)
(3) Valse et Choeur (acte II)

Orchestre du Théâtre des Champs-Elysées

Choeurs Marcel Briclot (3)
Monique Linval (Marguerite), Jean Michel (Faust), Bernard Demigny (Méphistophélès) (3)

(4) Musique de ballet

London Philharmonic Orchestra

direction Désiré-Emile Inghelbrecht

Enregistré à Paris en 1954 (1-3) et en octobre 1956 (4)

Editions originales :
(1-3) 33t Ducretet-Thomson 270 C 065 [25 cm, + extr. de Carmen] publié en 1955
(4) 33t Ducretet-Thomson 260 C 085 [25 cm, + (1-3)] publié en 1957

Source de ce transfert : 33t Schallplattengilde Gutenberg GLM 824 (25 cm), édition autrichienne reprenant strictement le contenu du disque Ducretet-Thomson 260 C 085

Liens :
FLAC = http://rapidshare.com/files/246436473/Gounod_FaustExtr_Inghel_flac.rar
MP3 mono = http://rapidshare.com/files/246436475/Gounod_FaustExtr_Inghel_mp3.rar

L'enregistrement du ballet par les musiciens du London Philharmonic a été réalisé à Paris au cours d'une escale de l'orchestre rentrant de sa tournée tournée en URSS de septembre 1956. Inghelbrecht a d'ailleurs gravé avec eux plusieurs disques à cette occasion :
– ce ballet de Faust (33t Ducretet-Thomson 260 C 085)
– un programme Berlioz (33t Ducretet-Thomson 255 C 044, réédité en CD par Testament, SBT 1265)
– la Symphonie espagnole de Lalo avec Devy Erlih, et la Rapsodie norvégienne (33t Ducretet-Thomson 320 C 124)

On garde de D.-E. Inghelbrecht le souvenir d'un chef plutôt éloigné des scènes lyriques, mais c'est oublier qu'il a eu une activité importante en fosse à l'Opéra-Comique, à l'Opéra d'Alger et pour les Ballets Suédois (sans oublier l'éphémère première saison du Théâtre des Champs-Elysées) avant de prendre la direction musicale de l'Orchestre National. Son père, altiste dans l'Orchestre de l'Opéra de Paris, a tout fait pour lui inculquer la passion de la « Grande Maison » :

« Toute sa vie, mon père donna autour de lui l'exemple d'une rare probité professionnelle. Une fois en place à l'Opéra, il ne devait jamais être atteint par le fonctionnarisme. A ses yeux, l'Opéra était le but suprême auquel devait aspirer tout musicien sérieux. De même qu'il avait ambitionné pour lui cet apogée, il avait désiré — lorsque j'étais enfant — que je m'en tinsse à poursuivre mes études de violon pour entrer un jour moi-même à l'Opéra et, suprême espérance, y devenir peut-être plus tard violon-solo ! Pendant longtemps, nos idéals devaient se heurter à ce sujet, car je redoutais au contraire la quiétude d'un emploi subalterne assuré. »
(D.-E. Inghelbrecht, Mouvement contraire – souvenirs d'un musicien,
Ed. Domat, Paris, 1947)

Il est donc très vite initié, enfant, aux mystères de la « Grande Maison », à son fonctionnement et à ses coutumes. Adolescent, il est admis à faire partie de la musique de scène, puis quelques années plus tard à remplacer dans l'orchestre, avant de sortir du rang et d'entamer sa carrière de chef. Il évoque dans ses mémoires quelques souvenirs sur les représentations de Faust, immensément populaire à l'époque, au point d'être devenu une scie pour les musiciens :

« Lorsqu'il m'arrivait de revenir dans la chère maison, j'y retrouvais mes anciens camarades demeurés derrière leur pupitre. C'est ainsi qu'un soir, ayant à parler à mon ami Philippe Gaubert devenu premier chef, j'entrais un instant dans l'orchestre attendre la fin d'un acte de Faust. Je m'étais assis auprès d'un trompettiste contemporain de mon père et comme l'on parlait dans les journaux de la célébration prochaine de la 1.500e représentation de l'opéra de Gounod, je demandais à mon voisin si je ne me trompais pas en me souvenant d'avoir assisté à la cinq-centième. Alors le brave homme me répondit : "Mais si ! C'était bien la cinq-centième et je te revois encore, enfant, assis auprès de moi comme ce soir. Tu as évolué depuis ce temps-là et tu nous as laissés ici où nous sommes payés de jouer encore mille fois la Marche des Soldats. Et ce n'est pas fini ! Alors tu peux comprendre que nous n'y trouvons plus le même attrait qu'aujourd'hui !" »
(D.-E. Inghelbrecht, Ibidem)

500e, 1500e et enfin 2000e de Faust décrite longuement avec ironie dans le même livre que je vous invite à consulter.