dimanche 12 septembre 2010

MOLIÈRE - Les Précieuses ridicules / Comédie Française (c. 1950)



Simul et Singulis, « être ensemble et être soi-même », telle est la devise de la Comédie Française. C'était aussi le nom du label phonographique créé à la fin des années 40 pour diffuser « aux universités du monde entier » les grandes pièces du théâtre français par les comédiens de la Salle Richelieu. Voici aujourd'hui une publication de cette série d'enregistrements quelque peu oubliés depuis leurs premières publications.

MOLIÈRE -- Les Précieuses ridicules
Comédie en un acte
Représentée pour la première fois sur le théâtre du Petit-Bourbon,
le 18 novembre 1659, par la Troupe de Monsieur, frère unique du roi


Jean-Louis Jemma (La Grange)
Pierre Gallon (Du Croisy)
Georges Chamarat (Gorgibus)
Micheline Boudet (Madelon)
Yvonne Gaudeau (Cathos)
Denise Gence (Marotte)
Jean-Louis Le Goff (Almanzor et 1er violon)
Robert Manuel (Mascarille)
Robert Hirsch (Jodelet)
Teddy Bilis (1er porteur)
Jacques Roussillon (2e porteur)
Claudette Emy (Lucile)

Enregistré au début des années 50 à Paris

Editions originales
- album 4 × 78t Simul et Singulis 531 (utilisé pour ce transfert)
- 33t Simul et Singulis 532

Liens
FLAC = http://www.mediafire.com/?25d2ccufleg9qu6
MP3 mono = http://www.mediafire.com/?jotyfdd7p6jw8tk

vendredi 9 juillet 2010

MOZART -- Quatuor « Les Dissonances » / Quatuor Loewenguth



J'avais prévu depuis longtemps de vous proposer cet enregistrement du quatuor « Les Dissonances » de Mozart par les Loewenguth après les avoir écouté dans Beethoven, Debussy et un autre Mozart ; le voici enfin...

W. A. MOZART
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Quatuor à cordes en ut majeur, K. 465 « Les Dissonances »
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1. Adagio - Allegro
2. Andante cantabile
3. Menuetto
4. Allegro molto

Quatuor Loewenguth
Alfred Loewenguth, Maurice Fueri (violons)
Roger Roche (alto), Pierre Basseux (violoncelle)

Enregistré à Paris (Studio Albert), 28-29 mai 1946

Edition originale
78t VSM DB 11.120/22 (matr. 2LA 4608 à 4613)

Notez que cet enregistrement n'a jamais été réédité officiellement à ma connaissance (pas même au Japon), mais qu'il a été repris en CD dans un coffret publié par Doremi, dans un report assez peu soigné, hélas, excessivement filtré (DHR-7846-8).

Liens
FLAC = http://www.mediafire.com/download.php?jz2ymnjugm1
MP3 mono = http://www.mediafire.com/download.php?tktywytjthe

Portraits de femmes au XVIIIe siècle



Les livres classiques de pièces de clavecin français du XVIIIe siècle regroupent quantité de pages aux titres évocateurs ou énigmatiques, dont beaucoup de noms ou de caractères féminins. En voici un bouqet, délicatement interprété par la claveciniste Marcelle de Lacour pour Pathé :

PORTRAITS DE FEMMES AU XVIIIe SIÈCLE

François COUPERIN (1668-1733)
La Superbe ou la Forqueray
L'Etincelante ou la Bontems
Les Grâces naturelles
La Lugubre
La Manon
La Voluptueuse
La Lutine
L'Unique
L'Evaporée

François D'AGINCOUR (1680-1758)
La Magnifique

Louis-Claude DAQUIN (1694-1772)
La tendre Sylvie

Jacques DUPHLY (1716-1788)
La Victoire

Pancrace Royer (1705-1755)
La Sensible

Michel CORRETTE (1709-1795)
La Tourière

Jean-François DANDRIEU (1689-1738)
La Gémissante

Armand-Louis COUPERIN (1725-1789)
Les Cacqueteuses

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764)
La Triomphante

Trois airs que jouait la pendule de Marie-Antoinette

Marcelle de Lacour (clavecin)

Enregistré à Paris (Salle de la Mutualité), 18-20 février 1957

Edition originale : 33t Pathé DTX 234
Réédition (1975) : 33t EMI Trianon 2C 045-10315 M

Liens
FLAC = http://www.mediafire.com/download.php?zzr0kydxah2
MP3 mono = http://www.mediafire.com/download.php?1chz4mowymb

Elève de Wanda Landowska, Marcelle de Lacour est restée célèbre pour avoir créé la classe de clavecin au Conservatoire de Paris en 1955, et y avoir enseigné pendant une dizaine d'années. La pochette de ce disque ne dit rien sur la nature de l'instrument joué ici -- je laisse à des oreilles plus fines que les miennes dans ce domaine le soin d'apporter quelques éclaircissements. Elle mentionne toutefois que Marcelle de Lacour ne s'est pas contentée d'un rôle de pionnière de la redécouverte de partitions oubliées de son instrument, l'un des relais entre Wanda Landowska et les générations du renouveau de la musique ancienne à venir, mais qu'elle a aussi suscité auprès de compositeurs contemporains la création de plusieurs dizaines d'oeuvres dont certaines lui sont dédiées (Martinu a écrit pour elle son Concero pour clavecin et petit orchestre, Poulenc, Schmitt ou Tansman lui ont dédié des oeuvres pour clavecin). Sa discographie est cependant limitée à quelques enregistrements de musique ancienne, dont presque rien n'a été réédité en CD...

Discographie de Marcelle de Lacour, claveciniste
(Tout complément d'information est le bienvenu)

– 78t L'Anthologie Sonore 11 (AS 26, 27)
HAENDEL -- Sonate pour hautbois et basse continue en mi majeur
Louis Gromer (hautbois), Etienne Pasquier (violoncelle)
1935
Numérisé sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k127398n

– 78t Gramophone DB 5010/11 (2LA 1383 à 1386)
– 78t Victor 12325/26
COUPERIN -- 3e Leçon de Ténèbres
Hugues Cuenod, Paul Derenne (ténors), Marthe Bracquemont (orgue)
Chorale Yvonne Gouverné, Orchestre Féminin de Paris
direction Jane Evrard
11 décembre 1936
Réédité sur CD Malibran CDRG 182 (portrait de Jane Evrard) et sur CD Cascavelle VEL 3080 (Hommage à Hugues Cuenod)

– 78t L'Anthologie Sonore 48 (AS 111, 112)
LECLAIR -- Sonate en trio en ré majeur, op. 2 n°8
Gaston Blanquart (flûte), Eva Heinitz (viole de gambe)
1937

– 78t L'Anthologie Sonore 49 (AS 113, 114)
HAENDEL -- Sonate pour viole de gambe et clavecin en ut majeur
Eva Heinitz (viole de gambe)
1937

– 78t Oiseau-Lyre OL 11 (Part. 1073, 1074)
François COUPERIN -- Les Fastes de la grande Ménestrandise
Janvier 1938
Numérisé sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k127317h

– 78t Oiseau-Lyre OL 12 (Part. 1075, 1076)
François COUPERIN -- Tombeau de M. de Blancrocher, Chaconne et Duo en sol mineur
Janvier 1938
Numérisé sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k127318w

– 78t Oiseau-Lyre OL 13 (Part. 1078, 1080)
Elisabeth JACQUET DE LA GUERRE -- Sarabande en ré, Sarabande en sol
Janvier 1938
Numérisé sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k127359n

– 78t Gramophone DB 5064 (2LA 2542, 2543)
– 78t Victor 12489
ROSENMÜLLER -- Sonata da chiesa en mi mineur
Edmée Ortmans-Bach, Dominique Blot (violons)
Noëlie Pierront (orgue)
Ensemble instrumental « Ars Rediviva »
direction Claude Crussard
9 mai 1938

– 78t Gramophone DB 5065 (2LA 2540, 2541)
VIVALDI -- Concerto pour violon en la mineur (Allegro et Sicilienne)
Dominique Blot (violon), Noëlie Pierront (orgue)
Ensemble instrumental « Ars Rediviva »
direction Claude Crussard
9 mai 1938

– 78t Pathé PA 1831/2 (CPT 4876, 4877, 4879)
VIVALDI -- Concerto pour flûte en ré majeur op. 10 n°3 « Le Chardonneret »
Lucien Lavaillotte (flûte)
Ensemble instrumental, direction Edvard Fendler
6 juin 1939
(NB : la 4e face, CPT 4878, propose l'Andante K 315 de Mozart, sans la participation de Marcelle de Lacour)

– 78t Scoladisques 4001
LULLY -- Pavane, extr. de « Noce de village »
Ensemble instrumental Aubanel
Décembre 1947

– 78t Scoladisques 4002
GLUCK -- Menuet, extr. d'Orphée
Ensemble instrumental Aubanel
Décembre 1947

– 78t Scoladisques 4003
GOSSEC -- Gavotte, extr. de « La Fête du village »
Ensemble instrumental Aubanel
Décembre 1947

– 78t Scoladisques 4004
CAMPRA -- Passepied, extr. de « L'Europe galante »
Ensemble instrumental Aubanel
Décembre 1947

– 33t Pathé DTX 234
« Portraits de femmes au XVIIIe siècle »
(voir le détail ci-dessus)
18-20 février 1957

samedi 26 juin 2010

GLUCK - L'Ivrogne corrigé / Leibowitz



Comme promis voici de nouveau un enregistrement rare de René Leibowitz, dans une oeuvre peu connue de Gluck : L'Ivrogne corrigé, ou Le Mariage du diable, un opéra-comique datant de 1760.

Sur un livret de Louis Anseaume et Jean-Baptiste Lourdet de Santerre, cette oeuvre a d'abord été mise en musique par La Ruette et représentée pour la première fois à la Foire Saint-Laurent le 23 juillet 1759. En 1760 Gluck s'y intéresse, retouche le texte, et en donne une nouvelle version musicale créée au Burgtheater de Vienne en avril 1760.

L'intrigue est fade, typique des petites pièces qui faisaient le succès des opéras-comiques de cette époque : Lucas, marchand de vin, prévoit d'épouser Colette, la nièce de son ami Mathurin. Mais Colette est amoureuse du jeune Cléon, etc... vous devinez comment cela se terminera. La musique de Gluck est heureusement beaucoup plus intéressante. D'abord on y trouve ou on y devine des thèmes célèbres de ses futurs grands opéras : l'ouverture deviendra la bacchanale du 3e acte d'Armide ; l'air « Ah ! si j'empoigne ce maître ivrogne » deviendra « Sors du sein d'Armide » (acte 3) ; et enfin « J'ai perdu mon Eurydice » se laisse entendre dans l'un des airs de Cléon. Par ailleurs la diversité de la partition rend cette oeuvre attachante, alternant épisodes gais et mélancoliques, ensembles bouffes et choeurs sombres. Il y a même dans la partition un air que Mathurin doit chanter éméché, ainsi qu'un passage virtuose rempli d'onomatopées (l'air des furies) qui nous rapproche de ceratines pages de Mozart ou d'Offenbach.

Christoph Willibald GLUCK -- L'Ivrogne corrigé (ou Le Mariage du diable)

Opéra-comique en 2 actes, livret de Louis Anseaume et Jean-Baptiste Lourdet de Santerre
Représenté pour la première fois à Vienne en avril 1760


Jean-Christophe Benoit (Mathurin), Bernard Demigny (Lucas)
Claudine Collart (Colette), Freda Betti (Mathurine)
Jean Hoffmann (Cléon / Pluton)
Janine Lindenfelder, Violette Journeaux (2 furies)

Orchestre Philharmonique de Paris

direction
René LEIBOWITZ

Enregistré à Paris vers 1950-1951

Editions originales
33t Nixa PLP 238 (GB)
33t Renaissance X 38 (USA)
33t Classic C 6145 (FR)

On retrouve dans la distribution de très bons chanteurs francophones qui sont ou seront des piliers du service "Radio-Lyrique" de la RTF ; clarté de la diction, justesse de ton, jeunesse (et verdeur...) des voix rendent leurs prestations précieuses, malgré quelques défauts techniques ici ou là !

Le livret est disponible en lecture et en téléchargement sur Gallica (édition de 1766) à cette adresse :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62391n

Liens
FLAC = http://dl.free.fr/rJPPMNh2X
MP3 mono = http://dl.free.fr/hSSCLullv

NB : je tiens à informer les visiteurs réguliers de ce blog que ce message est certainement le dernier de la saison, et que je compte déménager "Quartier des Archives" à une autre adresse en septembre.

samedi 12 juin 2010

GLUCK - Alceste / Leibowitz


La Mort d'Alceste
(Pierre Peyron, 1785, Musée du Louvre)


Pour rattraper une longue absence de nouveautés sur ce blog, je vous propose aujourd'hui un enregistrement fort rare de René Leibowitz :

Christoph Willibald GLUCK -- Alceste (version parisienne)

Opéra en 3 actes, livret du bailli du Roullet, d'après Ranieri de' Calzabigi

Représenté pour la première fois à Paris sur le théâtre de l'Académie Royale de Musique
Le 30 avril 1776


Ethel Semser (Alceste, épouse d'Admète)
Enzo Seri (Admète, roi de Thessalie)
Bernard Demigny (Le Grand-Prêtre d'Apollon)
Jean Mollien (Evandre)
Jean Hoffmann (Hercule / Le Héraut / 4e chœur soliste)
Janine Lindenfelder (1er chœur soliste / 1re femme du peuple)
Simone Codinas (2e chœur soliste / 2e femme du peuple)
Jacques Coquier (3e chœur soliste)
Lucien Mans (L'Oracle / Thanatos)

Chœur et Orchestre Philharmonique de Paris
Jean-Pierre Rampal (flûte solo)

direction
René LEIBOWITZ

Enregistré à Paris en 1950

Editions originales
33t Oceanic OCL 304 (USA)
33t Opera Society OPS 107/109 (GB)

Les versions officielles, en studio, de la version parisienne d'Alceste sont rares puisque sauf erreur de ma part, il n'en existe qu'une autre dirigée par J.-E. Gardiner en 1982 pour Philips ! (ainsi qu'un disque d'extraits dirigés par Georges Prêtre en 1960 pour La Voix de Son Maître).
Celle de Leibowitz est donc une intégrale pionnière et solitaire, qui n'a connu toutefois qu'une diffusion discrète ; elle réunit une troupe solide de chanteurs francophones, dominée par l'interprétation d'Ethel Semser et par la voix étrange d'Enzo Seri.

Je terminerai bientôt cette petite série Leibowitz par son enregistrement de L'Ivrogne corrigé du même Gluck.

Lien
MP3 mono (189 Mo)

samedi 17 avril 2010

OFFENBACH - La Belle Hélène / Leibowitz


Les Amours de Pâris et d'Hélène
(David, 1788, Musée du Louvre)


En suite logique à l'article précédent, voici le deuxième enregistrement de René Leibowitz dans le répertoire bouffe :

Jacques OFFENBACH -- La Belle Hélène
Opéra-bouffe en 3 actes Livret de Meilhac et Halévy

Janine Linda (Hélène, reine de Sparte)
André Dran (Pâris, fils du roi Priam)
Roger Giraud (Ménélas, roi de Sparte)
Jacques Linsolas (Agamemnon, roi des rois)
Lucien Mans (Calchas, grand augure de Jupiter)
Jean Mollien (Achille, roi de Phtiotide)
Loly Valdarnini (Oreste, fils d'Agamemnon)
Armand Duval (Ajax 1, roi de Salamine)
Jean Hoffmann (Ajax 2, roi des Locriens)
Janine Weishardt (Bacchis, suivante d'Hélène)
Jacqueline Vitry (Leœna, hétaïre)
Annette Martineau (Parthœnis, hétaïre)

Choeurs non identifiés
Orchestre Philharmonique de Paris

direction René Leibowitz

Enregistré en 1952

Editions originales
33t Classic 6140/41 (FR)
33t Nixa PLP 206-1/2 (GB)
33t Renaissance SX 206 (USA)

A la même époque le label Pathé, disposant pourtant de moyens plus importants que ceux utilisés pour produire cette intégrale pionnière, ne faisait enregistrer par le brillant Jules Gressier que des extraits de cette oeuvre (33t Pathé DTX 118, avec Deva Dassy, Claude Devos, Willy Clément, Duvaleix et Liliane Berton).

Le livret de La Belle Hélène peut être téléchargé à l'adresse suivante :
http://www.mediterranees.net/mythes/troie/offenbach/helene1.html

Liens
Acte I + Actes II et III

OFFENBACH - Orphée aux Enfers / Leibowitz


Orphée devant Pluton et Proserpine
(François Perrier, c. 1647, Musée du Louvre)


René Leibowitz, musicien français d'origine polonaise, a exercé ses activités musicales dans des domaines variés : composition, direction d'orchestre, enseignement, critique. Son répertoire discographique est tout aussi hétéroclite, il comprenait toutes sortes d'oeuvres s'étalant des maîtres modernes qu'il se chargeait de promouvoir (Schönberg, Berg, Webern) jusqu'aux classiques Beethoven et Gluck, en passant par des musiques plus légères. C'est l'un de ses témoignages bouffes que je vous propose d'écouter aujourd'hui :

Jacques OFFENBACH -- Orphée aux Enfers
Opéra-bouffe en 2 actes et 4 tableaux
Livret d’Hector Crémieux et Ludovic Halévy


Jean Mollien (Orphée), Claudine Collart (Eurydice)
André Dran (Aristée / Pluton), Bernard Demigny (Jupiter)
Jean Hoffmann (John Styx), André Jonqueres (Mercure / Morphée)
Lucien Mans (Mars), Janine Lindenfelder (Diane)
Violette Journeaux (L'Opinion publique), Monique Chalot (Vénus)
Simone Pèbordes (Cupidon), Anne-Marie Carpentier (Junon / Minerve)

Orchestre Philharmonique de Paris
Choeurs non identifiés (chef des choeurs : René Alix)

direction René Leibowitz

Enregistré en 1951

Editions originales
33t Classic C 6103/4 (FR)
33t Nixa PLP 204-1/2 (GB)
33t Renaissance SX 204 (USA)

Ce premier enregistrement intégral d'Orphée aux Enfers utilise la version originale de l'oeuvre, en 2 actes et 4 tableaux (1858). Il a été fort bien accueilli dès sa publication au début des années 50, ce qui explique le grand nombre de rééditions qu'il a connu sous des labels variés plus ou moins sérieux (Vogue, Everest, Festival, Guilde Internationale du Disque en microsillon, Preiser, Line Music, Andromeda plus récemment en CD, enfin Naxos Classical Archives en téléchargement). C'est qu'en effet il additionne un certain nombre de qualités attachantes pour un enregistrement d'opérette : une troupe solide et homogène constituée de chanteurs bons ou modestes sachant chanter et dire intelligiblement la langue française, une direction vive et inspirée (entâchée ici ou là de quelques décalages dus certainement aux conditions de répétitions et d'enregistrement... certains pourront y trouver une petite part de spontanéité qui manque aux réalisations plus léchées).

Pathé enregistra l'année suivante (1952) un disque d'extraits d'Orphée aux Enfers sous la direction de Jules Gressier (33t Pathé DTX 142) resté peut-être plus populaire que l'intégrale de Leibowitz ; notez que la soprano Claudine Collart y chante le rôle d'Eurydice dans les deux cas.

Notez aussi que le rôle de Diane est chanté ici par une certaine Janine Lindenfelder. Son nom ressemble étrangement à celui de la chanteuse Linda Felder, bien connue dans le cercle des amateurs du "Service Lyrique" de la Radio, et ces deux-là se rapprochent d'un troisième : Janine Linda, qui interprète Hélène dans La Belle Helène enregistrée par Leibowitz à la même époque. Il y a fort à parier -- je le vérifierai prochainement -- que ces trois identités se rapportent à la même interprète.

Un mot sur l'orchestre : son nom est tout à fait improbable à Paris au début des années 50, il doit donc s'agir d'un ensemble de musiciens réunis pour le studio, ou d'un orchestre se cachant derrière un pseudonyme (le Radio-Symphonique que Leibowitz a dirigé à plusieurs reprises, ancêtre de l'Orchestre Philharmonique de la RTF, ou bien encore le Radio-Lyrique ?...). Je m'étais déjà posé cette question au moment de proposer les enregistrements de Désormière pour Le Chant du Monde et je n'en sais pas plus aujourd'hui.

J'ai dit plus haut que les disques Offenbach de Leibowitz avaient été chaleureusement accueillis au moment de leur parution ; le phénomène s'est renouvelé lorsqu'ils ont été repris sur CD il y a quelques années, comme en témoigne la critique de François Laurent (Diapason n° 556, mars 2008, pp. 105-106) qui souligne le côté sensible de la direction d'ensemble et l'efficacité de la distribution. André Tubeuf (Classica n° 99, février 2008) se montre plus sévère : « L'esprit d'équie est là, l'esprit d'Offenbach aussi, hélas les équipiers sont maigres, très au-dessous de la troupe ORTF [sic] que mènera bientôt Jules Gressier. Claudine Collart et Dran sont possibles, les reste à peine. Dommage. »

La partition chant-piano de cette version d'Orphée aux Enfers est consultable sur imslp.org :
http://imslp.org/wiki/Orph%C3%A9e_aux_Enfers_(Offenbach,_Jacques)
Le livret intégral peut être lu à cette adresse :
http://www.mediterranees.net/mythes/orphee/cremieux.html

Liens
MP3 mono = Acte I + Acte II

Rendez-vous la semaine prochaine pour un autre opéra dirigé par Leibowitz (Alceste de Gluck ou La Belle Hélène, au choix).