samedi 19 décembre 2009

BACH - Oratorio de Noël / Fritz Münch



Au risque de manquer d'originalité en cette période de l'année, voici cette semaine un disque de circonstance qui a le mérite de nous rappeler l'action menée par les membres de la famille Münch au siècle dernier à Strasbourg pour la perpétuation du culte de Bach.

Jean-Sébastien BACH
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Oratorio de Noël (2e Cantate), BWV 248
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Sinfonie - Rezitativ (évangéliste, ténor) - Choral - Rezitativ (évangéliste, ténor ; l'ange, soprano)
Rezitativ (basse) - Arie (ténor) - Rezitativ (évangéliste, ténor) - Choral - Rezitativ (basse)
Arie (alto) - Rezitativ (évangéliste, ténor) - Chor - Rezitativ (basse) - Choral

Eugénie Lorentz (soprano), Lucie Rauh (alto)
Hugues Cuénod (ténor), Dominique Weber (basse)

Choeur de Saint-Guillaume de Strasbourg
Orchestre Municipal de Strasbourg
(orgue : Charles Muller)

direction Fritz Münch

Enregistrement publié en 1957
Edition originale : 33t Lumen LD 3.115

Liens
FLAC ou MP3 mono
Le texte chanté peut être consulté à cette adresse : http://webdocs.cs.ualberta.ca/~wfb/cantatas/248II.html

Fritz Münch et son frère Charles (le célèbre chef) ont été élevés dans une famille alsacienne protestante musicalement vouée à la défense de l'oeuvre de J.-S. Bach. Le père de ces deux musiciens, Ernst Münch (1859-1928) est organiste et chef d'orchestre. Après ses études musicales achevées à Berlin dans les années 1880, il revient en Alsace et fonde les choeurs de Saint-Guillaume de Strasbourg (qui deviendront un ensemble hautement estimé) et les dirige pendant plus de quarante ans. Son frère Eugène (1857-1898) suit un parcours analogue à Mulhouse, à la tribune de l'orgue de l'église protestante Saint-Etienne et à la tête de la Société du Chant Sacré. Ernst Münch est également professeur d'orgue au Conservatoire de Strasbourg puis directeur de cet établissement après le rattachement de l'Alsace à la France en 1918. Il consacre l'essentiel de son action à l'étude et à l'interprétation des pièces de J.-S. Bach comme le raconte Charles Münch :
« Mon père avait fondé les Concerts Saint-Guillaume. Bien avant que Bach eût été découvert, édité et universellement glorifié, on y chantait ses cantates et Passions. Il paraît que je chantais joliment, étant petit garçon, si joliment qu'un dimanche, à Noël, j'ai dû chanter en solo pendant un service, accompagné à l'orgue par mon père, le choral "Du haut du ciel". La terreur me paralysait. C'était affreux. J'étais incapable d'articuler le moindre mot et, aujourd'hui encore, je n'ai pas oublié le cauchemar de ce triste début.
» Dès mon jeune âge, mon père me fit entrer dans les choeurs. J'ai appris ainsi le solfège et les premiers rudiments de la musique sans m'en douter. Il est vrai que j'étais à bonne école. Albert Schweitzer tenait l'orgue, Charles-Marie Widor et Gustave Bret venaient à Strasbourg écouter les concerts Saint-Guillaume.
» Je participais aux répétitions et j'écoutais ces maîtres discuter âprement sur des détails d'exécution, si violemment parfois que notre mobilier était en danger. La musique ancienne dont, en général, les nuances ne sont pas notées sur la partition, fournissait le prétexte de controverses passionnées ; l'on passait en revue les opinions des grands musicologues, les solutions adoptées par d'autres chefs. Finalement, on oubliait tous les raisonnements pour laisser uniquement parler son coeur. C'est ainsi, je crois, que j'ai appris à aimer la musique. »
Fritz Münch (1890-1970) suit fidèlement les pas de son père : il prend la tête des choeurs de Saint-Guillaume dès 1924, puis devient directeur du Conservatoire de Strasbourg dès 1929 (il occupera ces deux fonctions jusqu'en 1961). La carrière de son frère Charles (1891-1968) est suffisamment connue pour que je n'en dise rien, si ce n'est qu'il fut lui aussi un interprète infatigable de Bach tant à Paris qu'à Boston : le nom de Bach figure très régulièrement aux programmes de ses concerts de l'OSCC, et les archives sonores du BSO regorgent de brandebourgeois, passions, cantates, etc. Leur cousin Ernest-Geoffroy (1888-1944) -- presque leur frère car il fut adopté par Ernst après le décès prématuré d'Eugène -- est lui aussi musicien, chef d'orchestre à l'Opéra de Strasbourg ; il est l'auteur d'une orchestration de l'Art de la Fugue.

On entend ici Fritz Münch diriger la 2e cantate « Pastorale » de l'Oratorio de Noël à la fin de sa carrière, selon bien sûr les canons d'interprétation de cette époque : les tempos modérés, les effectifs fournis et la vision d'ensemble romantique font de ce disque un témoignage d'un autre âge aujourd'hui ! Fritz a également enregistré une version intégrale de la Messe en si pour Decca (juin 1958, stéréo), ainsi que plusieurs faces de 78t Odéon consacrés à Bach (sans oublier un peu de Mozart et Honegger).

Vous noterez que les étiquettes centrales des deux faces ce disque font apparaître le nom de Janine Micheau en plus de celui d'Eugénie Lorentz. Deux sopranos pour cette 2e cantate de Noël ? C'est une de trop dans une oeuvre qui ne compte qu'une seule intervention de soprane dans le 2e récitatif, en duo avec le ténor. Puisque je n'ai pas reconnu la voix de J. Micheau et que de surcroît son nom, pourtant célèbre, n'est mentionné nulle part sur la pochette du disque, j'ai conclu qu'il s'agissait d'une erreur graphique commise par le concepteur des étiquettes centrales (cette erreur se comprend aisément car Janine Micheau apparaît bien dans un enregistrement contemporain des mêmes musiciens, la Litaniae de venerabili altaris Sacramento de Mozart, parue sous la référence Lumen LD 3.116).

samedi 12 décembre 2009

BORODINE - Quatuor n°2 + TCHAIKOVSKY - Quatuor n°1 / Quatuor Hongrois



Suite de l'exploration de la discographie du Quatuor Hongrois pour la Columbia européenne :

Alexandre BORODINE - Quatuor à cordes n°2 en ré majeur (1881-1882)
1. Allegro moderato
2. Scherzo (Allegro)
3. Notturno
4. Finale (Andante - Vivace)


Piotr Ilitch TCHAIKOVSKI - Quatuor à cordes n°1 en ré majeur, op. 11 (1871)
1. Moderato e simplice
2. Andante cantabile
3. Scherzo (Allegro non tanto e con fuoco - Trio)
4. Finale (Allegro giusto)


Quatuor Hongrois
Zoltan Szekely, Alexandre Moskowsky (violons)
Denes Koromzay (alto), Vilmos Palotai (violoncelle)

Enregistré à Paris en novembre-décembre 1954 et janvier 1957

Editions originales
- 33t Columbia FCX 468 (France) utilisé pour ce tranfert
- 33t Columbia 33CX 1581 (UK)

Liens
- MP3 mono = http://www.mediafire.com/?2qzn0tvkliw
- FLAC (Part. 1) = http://www.mediafire.com/?mwwir3grdmf
- FLAC (Part. 2) = http://www.mediafire.com/?innjtzjfnzw

samedi 5 décembre 2009

HAYDN - Quatuors "L'Alouette" et "Les Quintes" / Quatuor Hongrois



Après quelques semaines d'absence, je continue avec un autre microsillon de Josef Haydn resté inédit en CD :

Josef HAYDN
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Quatuor à cordes en ré majeur, op. 64 n°5 « L'Alouette », Hob III:63
1. Allegro moderato
2. Adagio cantabile
3. Menuetto (Allegretto) - Trio
4. Finale (Vivace)


Quatuor à cordes en ré mineur, op. 76 n°2 « Les Quintes », Hob. III:76
1. Allegro
2. Andante o più tosto Allegretto
3. Menuetto (Allegro ma non troppo) - Trio
4. Finale (Vivace assai)


Quatuor Hongrois
Zoltan Szekely, Alexandre Moskowsky (violons)
Denes Koromzay (alto), Vilmos Palotai (violoncelle)

Enregistré à Paris en novembre-décembre 1954 et juillet 1955

Editions originales :
– 33t Columbia FCX 465 (France), publié en 1957, utilisé pour ce transfert
– 33t Columbia 33CX 1527 (UK), publié en 1958

Liens :
FLAC = http://www.mediafire.com/?ukjqylnjork
MP3 mono = http://www.mediafire.com/?0jgdzweygjx

Ce disque me donne l'occasion de faire la liste des enregistrements parisiens du Quatuor Hongrois pour Columbia France (EMI) dont la moitié ou presque est encore à rééditer. Les voici, classés par ordre de numéros de catalogues :
Enregistrements du Quatuor Hongrois pour Columbia France

BEETHOVEN - Les 17 Quatuors à cordes
Septembre à décembre 1953 (première version, mono)
Columbia FCX 240/242 (op. 18)
Columbia FCX 243/245 (opp. 59, 74, 95)
Columbia FCX 246/249 (opp. 127, 130, 131, 132, 133, 135)
Columbia FCX 30.010/019 (Plaisir Musical)

SCHUBERT - Quatuor n°15 en sol majeur, D. 887
Décembre 1954 / Juillet 1955
Columbia FCX 464

HAYDN - Quatuor op. 64/5 "L'Alouette"
Quatuor op. 76/2 "Les Quintes"
Novembre-décembre 1954 / Juillet 1955
Columbia FCX 465

MOZART - Quatuor en mi bémol majeur, K. 428
Quatuor en la majeur, K. 464
Novembre 1954 / Juillet 1955
Columbia FCX 466

KODALY - Quatuor n°2, op. 10
VILLA-LOBOS : Quatuor n°6
Décembre 1954 / Juillet 1955
Columbia FCX 467

BORODINE - Quatuor n°2 en ré majeur
TCHAIKOVSKY - Quatuor n°1 en ré majeur, op. 11
Novembre-décembre 1954
Columbia FCX 468

Morceaux choisis de quatuors à cordes : Haydn, Mozart,
Beethoven, Schubert, Borodine, Tchaikovsky, Dvorak
Janvier 1957
Columbia FCX 469

DEBUSSY - Quatuor en sol mineur
RAVEL - Quatuor en fa majeur
1958-1959
Columbia FCX 781
Columbia FCX 30.029 (Plaisir Musical)

BRAHMS - Quatuor n°1 en ut mineur, op. 51/1
Quatuor n°2 en la mineur, op. 51/2
1958-1959
Columbia FCX 782

SCHUBERT - Quatuor n°13 en la mineur, D. 804
DVORAK - Quatuor n°12 en fa majeur, op. 96 "Américain"
1958-1959
Columbia FCX 783

FRANCK - Quintette pour piano et cordes en fa mineur
1958-1959
Georges Solchany, piano
Columbia FCX 807

BEETHOVEN - Les 17 Quatuors à cordes
Septembre 1965 à juin 1966 (deuxième version, stéréo)
Columbia CCA 1070/1072 (op. 18)
Columbia CCA 1073/1072 (opp. 59, 74, 95)
Columbia CCA 1076/1079 (opp. 127, 130, 131, 132, 133, 135)
Corrections et compléments sont les bienvenus !

dimanche 20 septembre 2009

HAYDN - Symphonies n° 85 et 45 / A. Goldschmidt, OSCC



Pour le redémarrage de ce blog, je vous propose aujourd'hui deux symphonies de Haydn interprétées à l'ancienne par l'Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire :

Josef HAYDN
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Symphonie n° 85 en si bémol majeur « La Reine »
1. Adagio ; Vivace
2. Romanze (Allegretto)
3. Menuetto (Allegretto) avec Trio
4. Finale (Presto)

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Symphonie n° 45 en fa dièse mineur « Les Adieux »
1. Allegro assai
2. Adagio
3. Menuetto (Allegretto) avec Trio
4. Finale (Presto ; Adagio)


Arthur Goldschmidt
Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire

Enregistré à Paris, Théâtre des Champs-Elysées,
le 24 septembre 1951 (N° 85) et le 14 juin 1951 (N° 45)


Edition originale : 33t Pathé DTX 105, publié en 1952, utilisé pour ce transfert

Liens :
FLAC = http://www.mediafire.com/?kmun3jowmv2
MP3 mono = http://www.mediafire.com/?tm4ezjzyvqd

C'est l'occasion de faire le tour des enregistrements de symphonies de Haydn par l'OSCC :
- le pionnier dans ce domaine est un chef invité, Bruno Walter, qui a gravé un enregistrement célèbre de la 92e symphonie (Oxford) en mai 1939 pour HMV ;
- vient ensuite l'enregistrement non moins célèbre de Charles Münch dans la Symphonie concertante, en octobre 1938 pour L'Oiseau-Lyre ;
- en avril 1939, HMV fait graver à Edward Fendler la 53e symphonie (L'Impériale) ;
- puis à la toute fin de l'ère du 78 tours, André Cluytens enregistre 2 symphonies, la 94e (Surprise) et la 104e (Londres) en mars-avril 1950 pour Pathé ;
- quelques mois plus tard, le début du microsillon, et le disque Pathé de Goldschmidt proposé ici ;
- début 1952, Goldschmidt revient à Haydn et enregistre la 102e pour Pathé également (disque 25 cm)
- enfin en 1955, André Cluytens grave la 96e (Miracle) et la 45e (Les Adieux) pour Columbia.

A ma connaissance seuls les disques de Bruno Walter et de Charles Münch ont été repris largement en CD. Les autres ont été écartés jusque-là des vagues de réédition, même si les 96e et 45e symphonies par Cluytens sont réapparues récemment au Japon.

Notez enfin qu'Arthur Goldschmidt a également enregistré d'autres disques de Haydn au début des années 50 : les Concertos pour clavier en ré majeur et en fa majeur, avec Marguerite Roesgen-Champion (OSCC et Orchestre Lamoureux), ainsi que le Concerto pour hautbois en ut majeur, avec Pierre Pierlot (Orchestre Lamoureux).

mardi 7 juillet 2009

FRANCK - Symphonie en ré mineur / Roger Désormière



Pour la dernière fois avant les vacances d'été, et en suite logique de l'article précédent :

César FRANCK (1822-1890)
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Symphonie en ré mineur (1888)
1. Lento - Allegro ma non troppo
2. Allegretto
3. Finale (Allegro non troppo)


Roger Désormière
Orchestre de la Société Philharmonique de Paris

Enregistré le 10 juillet 1951

Edition originale
– 33t Le Chant du Monde LDX-8027 (utilisé pour ce transfert)

Autres éditions
78t Ultraphone H 24021/5
33t Supraphon LPV 75
33t Ultraphone 5122 G
33t Diaphon DPM 6 (Australie)
CD Lys 262-263 (+Debussy, Bizet, Ravel, enregistrements tchèques)

Malgré toute l'admiration que j'ai pour Roger Désormière, je reconnais que ce disque n'est peut-être pas une "grande" version de la Symphonie en ré. Qui plus est l'orchestre est parfois légèrement imprécis, notamment les cordes. (D'ailleurs cet orchestre reste pour moi encore un mystère : s'agit-il d'une formation réunie pour le studio, ou bien les restes de l'ensemble fondé par Alfred Cortot avant-guerre, dirigé par Charles Münch et dont Wilhelm Furtwängler avait accepté la présidence ? Je ne saurais le dire...). Enfin la face 2 (2e et 3e mouvement) n'est pas très généreuse sur le plan sonore, les ff aigus y sont un peu agressifs.

Liens
FLAC = http://www.mediafire.com/?dyum2gyjomv
MP3 mono = http://www.mediafire.com/?jn10yigweem

GRETRY, MEHUL et MASSENET / Roger Désormière



Bientôt le 14 juillet... ce qui me donne l'occasion de proposer un disque relativement rare de Roger Désormière dirigeant deux partitions écrites sous la Première République, complétées par un peu de Massenet :

André-Modeste GRÉTRY (1741-1813)
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La Rosière républicaine, suite de ballet (1794)
1. Danse légère - 2. Gavotte gracieuse - 3. Contredanse - 4. Romance
5. Danse générale - 6. Pas de trois - 7. Gavotte retenue


Etienne-Nicolas MÉHUL (1763-1817)
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Le Jeune Henri, ouverture (« La Chasse ») (1797)

Jules MASSENET (1842-1912)
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Le Cid, musique de ballet (1885)
1. Castillane - 2. Andalouse - 3. Aragonaise - 4. Aubade
5. Catalane - 6. Madrilène - 7. Navarraise


Roger Désormière
Orchestre de la Société Philharmonique de Paris

Enregistré en 1951

Edition originale
– 33t Le Chant du Monde LDX-8028 (utilisé pour ce transfert)

Autres éditions
– 33t 17cm Le Chant du Monde LDY-8124 (Grétry)
– 33t 17cm Le Chant du Monde LDY-8123 (Massenet)
– 78t Ultraphone H 24180/1 (Grétry, + Debussy - Soirée dans Grenade / Germaine Leroux)
– 78t Ultraphone H 24178/9 (Méhul, + Debussy - Reflets dans l'eau / Germaine Leroux)
– 78t Ultraphone H 24026/8 (Massenet)
NB : Ultraphone était une marque du label tchèque Supraphon.


Extraites de la pochette du disque original, voici quelques textes présentant brièvement les oeuvres enregistrées.

Ballet en un acte, La Rosière Républicaine, originalement intitulé La Fête de la Raison, fut représenté sur la scène de l'Opéra-Comique le 16 fructidor, an II de la République (2 septembre 1794). La suite symphonique qui en a été tirée demeure un modèle de grâce et d'élégance, tant par sa simplicité harmonique et orchestrale que par sa ligne mélodique émue et souriante. Les deux derniers mouvements accompagnaient une scène très caractéristique des idées philosophiques de l'époque révolutionnaire. Le célèbre danseur Vestris y invitait à danser deux religieuses qu'il allait prendre dans un « groupe de peuples » et, finalement, les suppliait de danser avec lui la Carmagnole qui termine le ballet. Cette dernière partie, très vivante, très populaire, montre à quel point, même sans paroles et par la seule mélodie expressive, Grétry possédait l'art d'exprimer les situations et les sentiments les plus divers.

C'est le 12 floréal, an V de la République (1er mai 1797) que Méhul présentait au public de l'Opéra-Comique Le Jeune Henri, opéra en deux actes sur un livret de Bouilly. Le sujet en est une aventure de jeunesse du roi Henri IV.
Cette représentation donna lieu à l'incident le plus curieux, le plus étonnant peut-être, des annales théâtrales : le public huant et sifflant un livret imbécile, mais, dans le désir de dissocier le musicien du librettiste, réclamant l'ouverture à grands cris après la chute du rideau. A l'époque, l'oeuvre parut à juste titre pleine de nouveautés : cette peinture d'une chasse à courre, depuis le calme lever du jour et le départ jusqu'à l'hallali final, sans oublier le coup de fusil du chasseur -- et cela, vingt-trois ans avant celui du premier acte du « Freischutz » -- ne pouvait qu'étonner heureusement les contemporains de Grétry. Les dimensions même de l'oeuvre en étaient inhabituelles pour une ouverture d'opéra-comique.
La construction est simple : un mouvement lent développe, sans se hâter, un fort joli motif mélodique, interrompue une première fois et de façon, inattendue par une entrée de cors. Un épisode utilisant ces deux éléments (thème mélodique et entrée de cors) prépare habilement l'introduction de l'allegro dans lequel, tour à tour ou mélangés, les traits brillants de violons et des airs de chasse des cors concourent à faire de cette page l'une des plus colorées et des plus vivantes de la musique française.

Le Cid, opéra de Jules Massenet, fut représenté pour la première fois à Paris, sur la scène de l'Opéra, le 3 novembre 1885. Le ballet se place au milieu du second tableau du deuxième acte. Il se compose de sept morceaux.
D'abord, une charmante castillane, dans laquelle les flûtes jouent le principal rôle. Puis, une Andalouse au rythme langoureux de habanera, une Aragonaise animée et brillante, une Aubade pleine de fraîcheur en forme de petite marche, une Catalane nerveuse et voluptueuse, et une madrilène, dont la poétique mélancolie se résout en un vif mouvement animé. Enfin, la Navarraise, assez sage, mais qui s'enchaîne avec un retour de l'Aragonaise en un final sonore et brillant à souhait, ainsi qu'il sied à un ballet de grand opéra.

Roger Désormière dirige ces pages légères avec beaucoup de finesse, toujours vivement pour ne pas relâcher l'attention dans ces pièces de genre, du doux phrasé à la furia espagnole. Ce disque, contemporain de l'enregistrement de la Symphonie en ré de Franck qui suivra, marque la fin de l'activité de Désormière pour "Le Chant du Monde". Pour l'anecdote, la musique de La Rosière Républicaine a servi d'illustration sonore au reportage produit par le PCF sur la Fête de l'Humanité de 1953.

Liens
FLAC = http://www.mediafire.com/?2hn1ynmmzmn, http://www.mediafire.com/?l0gnihjmyoi
MP3 mono = http://www.mediafire.com/?mdhnezuhzec

samedi 4 juillet 2009

DEBUSSY - Quatuor à cordes / Paganini String Quartet



Voici aujourd'hui un enregistrement du Quatuor à cordes de Debussy, la première version commercialisée en France sous forme de disque microsillon en 1952 :

Claude DEBUSSY
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Quatuor à cordes en sol mineur
1. Animé et très décidé
2. Assez vif et bien rythmé
3. Andantino, doucement expressif
4. Très modéré

Paganini String Quartet
Henri Temianka, Gustave Rosseels (violons)
Robert Courte (alto), Robert Maas (violoncelle)

Enregistré les 22-23 janvier 1947 pour RCA Victor

Le Paganini String Quartet a été fondé par son premier violon Henri Temianka en 1946 aux USA. Son originalité est d'avoir été constitué autour de 4 Stradivarius ayant appartenu à Niccolo Paganini : le « Comte Cozio di Salabue » (1er violon), le « Desaint » (2e violon), le « Mendelssohn » (alto) et le « Ladenburg » (violoncelle). [Au passage, un autre ensemble de la même époque, le Quatuor Loewenguth, présentait aussi la particularité de jouer sur un groupe d'instruments du même luthier, Amati, qui avait été offert à ces musiciens après la perte de leurs violons dans un grave accident de voiture aux USA]. Le Paganini Quartet a eu très rapidement une activité discographique relativement importante pour les labels RCA Victor et HMV à l'époque de la transition 78t – 33t, en enregistrant Beethoven (Quatuors n°1, 2, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 14, 15, 16), Debussy, Ravel, Fauré (Quatuor pour piano et cordes op. 15, avec Arthur Rubinstein), Schumann (Quintette pour piano et cordes op. 44, avec Arthur Rubinstein), Verdi (Quatuor en mi mineur), et une anthologie « The Heart of the String Quartet ». On le connaît aussi pour avoir créé les 14e et 15e Quatuors (et l'Octuor qui les superpose) de Darius Milhaud. L'ensemble a été dissous en 1966.

Henri Temianka est né en Ecosse le 19 novembre 1906 de parents polonais. Il étudie le violon avec Willy Hess à Berlin, puis Jules Boucherit à Paris, avant de suivre l'enseignement de Carl Flesch au Curtis Institute de Philadelphie. Il débute ensuite une carrière de soliste en 1928 et participe au premier concours Henryk Wieniawski à Varsovie en 1935, où il remporte le 3e prix, derrière Ginette Neveu, David Oistrakh, et devant Ida Haendel... podium légendaire... Tout en continuant sa carrière soliste, il devient premier violon du Scottish Orchestra en 1937-38, puis du Pittsburgh Symphony en 1940-41 sous la direction de Fritz Reiner. Naturalisé américain en 1945, il diversifie encore son activité musicale en créant le Paganini String Quartet (1946) puis en fondant et en dirigeant le California Chamber Symphony Orchestra (1960). Il est mort à 83 ans le 7 novembre 1992.

On entend ici le Quatuor Paganini dans sa première formation, avec Robert Maas au violoncelle (ancien membre du Pro Arte Quartet), disparu prématurément en 1948.

Cet enregistrement est l'occasion de faire le tour des particularités et des complexités du marché du disque à la fin des années 40, époque de transition entre deux techniques d'enregistrement.
1. Il a été tout d'abord commercialisé en 1948 par RCA Victor aux USA sous forme de 4 disques 78t à séquence manuelle (12-0259/62 édités en album M-1213) ou automatique (12-0263/66, album DM-1213) ;
2. Il a été également commercialisé sous forme de 4 disques 45t (49-0380/83) édités en album à séquence automatique (WDM-1213) ;
3. A la même époque une édition "Red Seal Deluxe non breakable" a été publiée sous la forme de 4 disques 78t pressés en matière vinyle rouge, à séquence manuelle (disques 18-0130/03, album V-17) ou automatique (18-0134/37, album DV-17).
Dans ces 3 cas, le Quatuor de Debussy tenait sur 7 faces, la 8e étant occupée par le Finale du Quatuor op. 64 n°5 de Haydn ;
4. Enfin une édition microsillon a été diffusée en 1949 sous la forme d'un disque 33t de 25cm (LM-3) ; on peut voir une reproduction de la pochette de ce disque ici : http://www.bh2000.net/files/electronicdetails618.jpg
5. Pour terminer, cet enregistrement a été publié en Europe 3 ans plus tard, par La Voix de son Maître, sous la même forme que l'édition microsillon américaine (33t 25 cm La Voix de son Maître FBLP 1024). C'est un exemplaire de cette édition que j'ai utilisé pour réaliser le transfert. On peut voir une reproduction de sa pochette, au graphisme assez tourmenté pour le Quatuor de Debussy, ici : http://www.camembert-records.com/06_09/FBLP_1024_2.jpg

A l'audition vous noterez un frottement étrange dans le premier mouvement aux alentours de 3'00, qui provient sûrement d'une mauvaise jonction des 2 premières faces des 78t lors du report sur bande effectué pour l'édition du 33t.

Liens :
FLAC = http://www.mediafire.com/?uz1czotyy22
MP3 mono = http://www.mediafire.com/?ugmkcmnhzln